Journée spéciale dédiée aux interventions au niveau des artères du coeur

09/10/2017

Le CHR Liège se positionne comme un véritable centre de référence en matière de cardiologie interventionnelle, plus particulièrement dans le traitement des occlusions coronaires chroniques. 

1er centre spécialisé de Wallonie
« Lorsqu’une artère est «bouchée» depuis plus de trois mois, on parle d’occlusion coronaire chronique. Cette pathologie concerne 15% des patients qui bénéficient d’une coronarographie et se retrouve même chez 50% des patients qui ont un antécédent de pontage aorto-coronaire. Seuls 40% des patients souffrant d’une occlusion coronaire chronique ont un antécédent d’infarctus du myocarde. Les autres ont en réalité été protégés par des artères collatérales, sorte de réseau sanguin alternatif ayant pris le relais au moment de la survenue de l’occlusion. Mais cet ‘itinéraire bis’ peut se révéler à terme insuffisant pour empêcher la survenue de crises d’angine de poitrine, par exemple lors d’un effort physique », explique le Dr Yoann Bataille, cardiologue au CHR et spécialiste du traitement des occlusions coronaires chroniques.

Jusqu’il y a quelques années, ces occlusions étaient traitées soit par pontage coronarien, soit par médicaments. Des techniques novatrices venues du Japon et des États-Unis permettent aujourd’hui de traiter un nombre croissant de patients par cardiologie interventionnelle, c’est-à-dire sans ouverture chirurgicale. “Longtemps, le traitement percutané est resté très difficile car les zones d’occlusion étaient souvent trop dures pour pouvoir être franchies. Mais aujourd’hui, les microcathéters permettent de se faufiler”, explique le spécialiste.

Des techniques japonaises au CHR Liège
Le Dr Bataille s’est spécialisé à la technique lors d’une formation de deux ans en Amérique du Nord au cours de laquelle il a  appris les méthodes mises au point par les Japonais. Il a ensuite importé son expérience au CHR Liège il y a 5 ans, faisant de l’hôpital liégeois le premier hôpital de Wallonie et de Région Bruxelloise à pratiquer ce type de traitement . « Depuis lors, le programme enregistre une croissance exponentielle du nombre de patients. Depuis 2012, 103 patients ont été traités avec un taux de réussite de 82 pc (85 réussites sur 103). L’année dernière, 53 patients ont été traités au CHR avec un taux de succès de 89 pc », souligne-t-il.  En terme de volumes, le CHR Liège est le 2e centre belge.

Si la technique offre un taux de réussite de plus de 80 pc, le taux de complications restent faibles (<5%). « Deux jours d’hospitalisation suffisent, sans anesthésie générale, sauf demande expresse du patient », commente le Dr Bataille.

Pour que le résultat de ce type de traitement soit optimal, il faut cependant bien sélectionner les patients. « Ils sont identifiés sur base des symptômes (angine de poitrine ou essoufflement à l’effort,  réfractaires à un traitement médicamenteux bien conduit) et sur base de l’importance de la souffrance de la paroi du cœur dont l’irrigation dépend de l’artère occluse. Si ces critères sont respectés, on constate une amélioration des symptômes, de la qualité de vie et de la capacité à l’effort », précise le médecin liégeois.

Une technique d’avenir
La procédure de “recanalisation” se fait soit de manière antérograde soit de manière rétrograde, qui est la méthode la plus spectaculaire et la plus délicate. “Sur les 53 patients traités l’année dernière au CHR, 35 pc ont été traités par un approche rétrograde. L’opérateur aborde la zone occluse à l’envers, avec la progression de microcathéter à travers le réseau sanguin alternatif, au départ d’une artère coronaire non occluse. Le filament guide rentre par un poignet et ressort par le second poignet ou l’aine, vie deux ponctions artérielles. Il fait ainsi le tour du cœur. Des stents sont ensuite mis en place », explique le Dr Bataille.

Tout récemment, une première étude européenne prospective a démontré la supériorité en terme d’amélioration des symptômes des patients de la procédure de recanalisation des artères par rapport à un traitement uniquement basé sur la poursuite des médicaments.

Les données d’études rétrospectives suggéraient déjà des bénéfices prometteurs pour les patients en termes de réduction voire de disparition des crises d’angine de poitrine et d’améliorations de la qualité de vie”, précise le Dr Yoann Bataille. Si les résultats se confirment, la technique pourrait donc être amenée à se généraliser dans les années à venir.

Des interventions chirurgicales diffusées en direct !
Véritable centre spécialisé dans la technique de recanalisation, le CHR Liège organise le 20 octobre  un atelier ouvert à tous les cardiologues interventionnels en Belgique. « Il sera possible de  suivre en direct ce type d’intervention qui sera réalisée chez 4 patients. Tous les experts nationaux seront présents », annonce le Dr Bataille.