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Les allergies alimentaires

L'ALLERGIE ALIMENTAIRE VRAIE DOIT ÊTRE DISTINGUÉE D'AUTRES PATHOLOGIES NON ALLERGIQUES D'ORIGINE ALIMENTAIRE :

 
  • Intolérance alimentaire : favisme, intolérance au lactose...
  • Pathologies intestinales chroniques : colopathies inflammatoires, fonctionnelles,..
  • Toxicité alimentaire : endotoxines bactériennes, ergotisme...
  • Névrose orale : phobies alimentaires
  • Fausses allergies alimentaires : histamine, tyramine...
  • Allergies croisée : syndrome d'allergie orale : en cas de sensibilisation au latex, pollen de bouleau...
 

L'ALLERGIE ALIMENTAIRE PEUT S'EXPRIMER À PLUSIEURS NIVEAUX :

 
  • Cutané : dermatite atopique, urticaire, angioedème, dermatite herpétiforme
  • Respiratoire : rhinite, conjonctivite, asthme, syndrome de Heiner
  • Oculaire : conjonctivite
  • Systémique : choc anaphylactique
  • Digestif : douleurs abdominales, vomissements, diarrhée, malabsorption, syndrome d'allergie orale (SAO).
 

QUELLE EST LA PRÉVALENCE DE L'ALLERGIE ALIMENTAIRE ?

 
  • 25 % de la population croit souffrir d'allergie alimentaire ; elle est prouvée chez :
  • 3-7 % des enfants (80 % en cas de dermatite atopique)
  • 2-3 % des adultes
  • 7 % pense avoir une intolérance ou allergie aux additifs alimentaires, 0.01 % en souffre.
 

ALLERGÈNES ALIMENTAIRES JUSQU'À L'ÂGE DE 15 ANS

 
  • Ce sont surtout les aliments d'origine animale : lait, œuf, viande, poisson, crustacés : 53 %
  • Arachide : 23 %
  • Légumineuses : lentille, pois, soja, lupin, fève, pois chiche : 3 %
  • Noix : 2.6 %
 

ALLERGÈNES ALIMENTAIRES AU-DELÀ DE 15 ANS

 
  • Ce sont surtout des aliments d'origine végétale (notamment par les allergies croisées avec les pollens).
  • 6 classiques (couvrent 55.5 % des allergies alimentaires) : rosacées (pêche, pomme, poire, cerise...), ombellifères (céleri, fenouil, coriandre...), crustacés, œuf, poisson, lait.
  • 5 valeurs sûres (17.1 % des cas) : blé, soja, banane, avocat, kiwi.
  • Tout le reste (19.3 % des cas) : pomme de terre, moule, tournesol, arachide, mangue, sarrasin, porc, rognons, poulet, sésame, tomate, fraise, châtaigne...
 

LA PRISE EN CHARGE DIAGNOSTIQUE DES ALLERGIES ALIMENTAIRES

 

Les tests cutanés :

 
  • Sont réalisés avec des allergènes commerciaux, mais idéalement avec des aliments à l'état natif.
  • Les aliments natifs sont conservés dans un congélateur ou sont amenés par le patient en fonction de son histoire.
  • Ils permettent d'augmenter la sensibilité des tests cutanés de façon importante.
 

Le CAP/RAST (biologie sanguine) :


Il faut vraiment s'en méfier dans l'allergie alimentaire :
  • En cas d'allergie aux pollens, on risque un RAST faussement positif pour tous les aliments végétaux de façon presque systématique.
  • En cas d'allergie aux acariens, possibilité d'un RAST faussement positif pour les crustacés.
  • De plus, un RAST positif n'est corrélé à une allergie alimentaire clinique que dans un cas sur trois. Un RAST négatif n'exclut pas une allergie alimentaire. La sensibilité des tests cutanés et des RAST ne dépasse pas 70 % en fonction des allergènes.
 

Le dosage des IgG spécifiques contre les aliments :

 
  • C'est un examen couteux et inutile dans le diagnostic des allergies ou des intolérances alimentaires, qu'elles soient immédiates ou retardées.
  • Les sujets allergiques et les sujets normaux développent une réponse immune avec des IgG contre les antigènes alimentaires, en fonction de la fréquence d'ingestion de l'aliment et de la perméabilité intestinale.
  • Le dosage des IgG contre les aliments ne permet pas de séparer les sujets allergiques des sujets normaux. Les tests de provocation alimentaire réalisés sur base du résultat des dosages d'IgG spécifiques ne permettent pas de confirmer une allergie alimentaire.
  • C'est un dosage à proscrire : il est très onéreux pour le patient (jusqu'à 500 €, et non remboursé), il n'a aucune valeur diagnostique dans l'allergie alimentaire, et conduit à des régimes d'éviction alimentaire non justifiés et inefficaces.
 

Le test de provocation orale spécifique pour les aliments :

 
  • En cas d'allergie alimentaire, il existe souvent un doute sur la réalité de l'allergie alimentaire, puisque les moyens d'exploration sont peu sensibles, et donnent souvent des résultats faussement positifs ou faussement négatifs.
  • La prescription d'un régime d'éviction alimentaire complique fortement l'existence des patients, et ne devrait donc être prescrit que si l'allergie alimentaire a pu être prouvée sans ambiguïté : c'est la place du test de provocation alimentaire, le « gold standard » de l'allergie alimentaire.
  • En cas de réaction immédiate, il n'est pas dénué de risque, et doit être réalisé en hospitalisation d'au moins 24 heures, avec voie veineuse présente et matériel de réanimation disponible.
  • Ces tests sont réalisés en routine dans le service d'Allergologie (Salle 27, Dr M. Deschampheleire – Dr H. Simonis) pour les adultes, et dans le service de Pédiatrie (Dr S. Hansoul, Dr J.-P. Sacré) pour les enfants.

LE TRAITEMENT DES ALLERGIES ALIMENTAIRES


Les moyens de traitement sont pauvres, et basés sur les régimes d'éviction. L'éducation du patient et de son entourage (école, parents, etc.) est primordiale.

Aucun médicament n'est utile. Des études sont en cours sur des protocoles de désensibilisation (arachide, céleri, ...) mais les protocoles ne sont utilisés actuellement (2014) qu'à titre expérimental. Ils ne sont pas encore actuellement recommandables comme traitement de routine.
 

Le service de diététique de la Citadelle :


Le suivi d'un régime d'éviction alimentaire est parfois très difficile à assumer par les patients chez qui une allergie alimentaire a pu être prouvée.

Les diététicien(ne)s de la Citadelle permettent de donner des conseils avisés et faciliter la vie de ces patients.